Auteur/autrice : Selbe DIOUF

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L’ETAT ET LES ACTEURS PRIVES PLANCHENT SUR LES TEXTES REGLEMENTAIRES

Le Ministère du pétrole et des énergies, en collaboration avec l’ANER et la coopération allemande a organisé un atelier portant sur le cadre réglementaire de contrôle des équipements solaires photovoltaïques, le 30 janvier 2023, à l’hôtel Fleur de Lys des Almadies. Présidé par Mme Oumy Khairy DIOP, Directrice de la stratégie et de la Réglementation, l’atelier avait pour objectif de recueillir les commentaires et observations des acteurs du secteur privé sur le nouveau dispositif réglementaire applicable au contrôle de la qualité des équipements solaires photovoltaïques au Sénégal. Une démarche inclusive et participative que DSR a tenu à souligner avant de remercier tous les participants.

Par la suite la présentation des projets de textes en question a été faite. Il s’agit d’abord du décret relatif aux normes et au contrôle de qualité des équipements constitutifs d’un système solaire a été fructueuse en termes d’échanges. Diverses questions ont été soulevées notamment celles relatives aux laboratoires nationaux et internationaux agréés, les exonérations, les délais et frais de décharge au niveau du port, les coûts de contrôle et la problématique du retard dans l’exécution des projets. A toutes ces questions, des réponses satisfaisantes ont été apportées et les différents acteurs ont pris l’engagement de travailler en synergie pour une bonne application des tests et contrôles.

Les travaux se sont poursuivis ensuite avec la présentation du projet d’arrêté fixant les procédures de contrôle de la qualité. A ce sujet, les débats ont plus porté sur le parcours client adapté à différentes cibles identifiés, le rôle du comité électronique national qui n’a pas encore d’existence juridique, l’organisation et déroulement des contrôles et des éclaircissements sur la reconnaissance mutuelle des procédures de contrôle.

En définitive, les représentants de la tutelle et les différentes parties prenantes ont salué la qualité des avis et remarques tout en prenant en compte les préoccupations soulevées. Toutefois, la directrice de la stratégie et de la réglementation réaffirme l’élan et l’enjeu de la communication qui doit accompagner la bonne application de ces textes en le justifiant par la présence du bureau de presse et de communication du ministère. De surcroit, la sensibilisation du secteur informel est aussi prise en compte dans les perspectives des travaux à venir afin de recueillir leurs avis et recommandations. En effet, il s’agit de communiquer sur les dispositions légales et réglementaires qui prendront en charge toutes les cibles allant de l’informel à l’importateur. Ainsi, des rencontres élargies vont se dérouler avec la douane et la direction du commerce intérieur pour tirer profil de tous les échanges, indique-t-elle.

LES DEPUTES ADOPTENT LE BUDGET DU MPE

Le projet de budget 2023 du Ministère du Pétrole et des Energies a été adopté par l’Assemblée nationale le vendredi 2 décembre 2022. Il est arrêté à la somme de 236 835 992 068 FCFA contre 229.351.686.041 Fcfa en 2022 soit une augmentation d’un montant de 7.484.306.027 Fcfa en valeur absolue et 3% en valeur relative.

Après un débat de plus de 10 heures d’horloge, l’Assemblée nationale a adopté le budget du MPE défendu par Madame Aissatou Sophie GLADIMA, qui avait à ses côtés ses collègues Mamadou Moustapha Ba des Finances et du Budget et Samba SY, chargé des relations avec les institutions. Au total, quatre-vingt-sept (87) députés ont voté pour l’adoption de ce budget, ce dont s’est félicité Mme le ministre. « Je remercie les députés qui ont voté le budget car ils ont compris tout le sens et l’intérêt du secteur, ce qui va nous permettre de continuer à prendre en charge les préoccupations des sénégalais notamment en améliorant l’accès à l’électricité », a-t-elle salué.

A ce sujet, le Ministre du Pétrole et des Energies a réaffirmé l’ambition du Gouvernement d’atteindre l’accès universel à l’électricité en 2025. Elle a relevé les performances réalisées dans la fourniture de l’électricité mais aussi le nombre de localités électrifiées.  Madame le ministre a indiqué pour l’avenir qu’avec « la stratégie ‘’Gas to power’’ et les autres réformes mis en place, le Sénégal peut valablement se targuer d’être sur les rampes de l’émergence car nous avons besoin de ce gaz pour produire de l’électricité à moindre coût et en quantité mais surtout bâtir une véritable industrie pharmaceutique, produire suffisamment d’engrais, d’urée et autres produits connexes pour une croissance économique viable et durable », a-t-elle expliqué.

S’agissant du sous-secteur des hydrocarbures, Mme le Ministre a fait le point sur les différents projets en indiquant que pour GTA, un retard d’un an a été observé en raison de la COVID qui avait entrainé des restrictions et la suspension de la chaîne d’approvisionnement notamment en Chine où le FPSO est en cours de production. En effet, le début de la production était prévu en 2022 au moment de la prise de la décision finale d’investissement en décembre 2018. Par contre, Sangomar n’a connu qu’un retard de six mois. Les débuts de production sont prévus au dernier trimestre de 2023, soit deux (2) mois de production qui devraient générer des revenus de 51 milliards de francs CFA calculés sur la base d’un cours de baril à 90 dollars (environ 57 000 cours actuel). GTA est exécuté à plus de 85 % en fin septembre 2022 et Sangomar à plus de 70%. Toutes les administrations et les opérateurs sont mobilisés et engagés pour l’atteinte de cet objectif.

 Interpelée sur les coûts pétroliers, Mme le ministre a rappelé que « les dispositions contractuelles prévoient des audits réguliers des coûts pétroliers. Dans ce cadre l’audit du projet Sangomar vient de se terminer, celui de GTA sera lancé conjointement avec la Mauritanie. Cela permettra d’avoir une idée très claire des coûts pétroliers avant le début de la production en 2023 », a-t-elle ajoutée. Pour ce qui est du projet méthanier, Madame le ministre laisse entendre que dans le cadre du développement du projet GTA, « un terminal est en cours de finalisation à 10 Km au large des côtes entre Saint-Louis et la Mauritanie permettant ainsi la commercialisation du gaz GNL sur le marché international ». S’agissant du réseau gazier du Sénégal (RGS), elle renseigne qu’il s’agit d’une structure nationale pour la livraison du gaz et dont les actionnaires sont « PETROSEN Holding avec 51%, FONSIS 39% et SENELEC10% ».

L’AUDIT DES COUTS PETROLIERS DEJA LANCE, SELON SOPHIE GLADIMA

Le Conseil économique social et environnemental (CESE) a clôturé sa deuxième session ordinaire de l’année 2022 le 28 novembre dernier portant sur le thème : « Exploitation pétro-gazière et compétitivité économique ». A cette session le ministre du Pétrole et des énergies, Aissatou Sophie Gladima a fait savoir qu’un audit des dépenses sur les zones contractuelles est lancé.

Le projet d’avis du Conseil économique social et environnemental (CESE) au titre de sa deuxième session ordinaire 2022, portant sur le thème : « Exploitation pétro-gazière et compétitivité économique » a été clôturé lundi dernier. Le ministre du Pétrole et des énergies, Mme Aissatou Sophie Gladima a tenu à rassurer les membres du conseil de la bonne gestion du secteur des hydrocarbures. « Je suis d’accord avec vous que davantage de moyens sont nécessaires pour continuer à mettre à disposition une expertise avérée en vue d’une gestion efficace du secteur des Hydrocarbures », a-t-elle dit avant d’indiquer que relativement à « l’audit des coûts pétroliers, la tutelle (ministère) a pris les devants, en amont de la production prochaine, et a lancé l’audit des dépenses sur les zones contractuelles de Rufisque Offshore, Sangomar offshore et Sangomar offshore profond qui abrite le projet pétrolier Sangomar ». Dans le même élan, elle dira que « l’audit des dépenses du bloc Saint-Louis Offshore Profond, qui abrite le projet GTA, sera lancé dans la foulée avant la fin de l’année en cours », non sans assurer qu’elle a pris bonne note des recommandations tout comme sur le risque de chevauchement. Car, souligne-t-elle : « les différentes entités étatiques travaillent en parfaite collaboration pour mener les missions régaliennes relatives à ce secteur comme en témoigne l’exécution de l’audit des coûts pétroliers ou la gestion des diligences liées au suivi des opérations pétrolières ».

Le gaz, pour plus de compétitivité économique 

En ce qui concerne la valorisation de nos ressources notamment le gaz, elle dira que son utilisation dans la production d’électricité est « un gage de renforcement de la compétitivité de notre économie ». Quant à la baisse prévue du coût de l’électricité, facteur clé de productivité des entreprises, elle fait savoir qu’elle aura un impact assuré sur la refondation structurelle prévue par le PSE.

Selon le Ministre, une baisse des coûts de production contribuera à faciliter « l’accès universel à l’électricité pour les ménages et le développement d’activités productives modernes » partout au Sénégal, conformément à notre mandat en faveur du développement de l’équité territoriale et sociale.

Toujours, au registre des préoccupations du CESE, Aïssatou S. GLADIMA a fait savoir que d’importants efforts sont actuellement consentis pour arrimer le calendrier de conversion et de construction des unités de production d’électricité à l’arrivée du gaz mais également au développement du réseau gazier du Sénégal. A cet effet, dira-t-elle pour rassurer : « les risques sont en permanence analysés de manière collégiale à travers des échanges fréquents entre le ministère du Pétrole et l’ensemble des parties prenantes pertinentes pour la réalisation de cet objectif phare du Pse dans sa phase 2 ».

Yakaar-Teranga et Sangomar pour approvisionner le marché domestique   

Pour ce qui concerne les ressources gazières des champs de Yakaar-Teranga et de Sangomar, elle a indiqué qu’elles sont sujettes à une réflexion profonde en vue d’un développement prochain d’un « marché domestique gazier adossé à ces deux sources d’approvisionnement, 100% sénégalaises, pour notamment soutenir le développement de la stratégie gas-to-power et éventuellement satisfaire la demande latente en gaz provenant des industriels ».

La modernisation de la SAR en vue

Quant à la Société africaine de raffinage (Sar), le Ministre a informé que sa modernisation reste un axe majeur de la stratégie de valorisation de son département ministériel. A l’en croire cette augmentation de sa capacité permettra « à terme de traiter le pétrole de Sangomar, le pétrole brut sénégalais », a-t-elle expliqué, non sans saluer la visite effectuée par les membres du CESE à la raffinerie pour constater de visu les améliorations qui y ont été apportées au cours de ces derniers mois pour les besoins du projet d’avis consultatif. Le Sénégal se veut être un pays producteur de pétrole et de gaz. Et pour ce faire, il entend assoir sa présence dans l’ensemble de la chaine de valeur des hydrocarbures (de l’amont à l’aval, ou encore « des puits à la station essence ») en renforçant ses acquis (SAR, SENELEC, PETROSEN) et en développant de nouvelles filières comme le transport de gaz avec le Réseau gazier du Sénégal (RGS).

Le contenu local, un catalyseur aux investisseurs Sénégalais

Au même titre que l’exploitation pétrolière et gazière, le Contenu local revêt une importance capitale dans « la valorisation et la pérennisation des ressources pétrolières et gazières », at-elle expliqué. Selon elle, le contenu local, à travers sa stratégie qui repose sur les orientations du chef de l’Etat, aura donc pour avantage « d’accroitre la participation des investisseurs sénégalais sur la chaine de valeur pétrolière et gazière avec pour effet, un accroissement de la valeur ajoutée dans l’économie nationale ainsi que la création d’emplois locaux ». Toujours selon elle, cela favorisera ainsi le développement d’une « main d’œuvre locale qualifiée et compétitive qui favorisera une progression soutenue du niveau de maturation du tissu industriel local ».

50% de contenu local à l’horizon 2030

Concernant le contenu local, Mme le ministre GLADIMA dira que le Secrétariat technique du CNSCL, chargé de l’opérationnalisation, a la lourde responsabilité d’atteindre « l’objectif de 50% de contenu local aux environs de 2030 fixé par le Chef de l’Etat ».

Malgré les efforts déjà consentis par l’Etat du Sénégal, dira-t-elle : « Nous sommes conscients de l’impérieuse nécessité d’accompagner le ST CNSCL en ressources financières et humaines aux fins d’atteindre les objectifs qui lui sont consignés ».

Quant à la formation, elle confirme que la cartographie « des établissements et centres de formation (au niveau universitaire, mais aussi de la formation professionnelle) est déjà réalisée par l’INPG qui, au titre de son dernier décret, assure le rôle de régulateur en charge de l’accréditation pour les différentes formations sur les métiers du Pétrole du Gaz », a-t-elle développé.

 Après les questions et les réponses du Ministre, les conseillers ont voté à l’unanimité l’avis que leur a été soumis.